Maurice Gouiran éminent écrivain de polars et non moins éminent rovenain a lu "Michel Vaxès, portrait d'un citoyen en député du peuple", et voici son verdict. Il m'honore.
Après un polar social, « Quelque chose dans le ventre », en 2009, et « Le vol d’épistoles», une œuvre forte et originale qui alliait musique et littérature, en 2010, Pierre Dharreville vient de publier « Michel Vaxes, portrait d’un citoyen en député du peuple » aux éditions Arcane 17.
Le conseiller municipal du Rove (qui est aussi secrétaire départemental du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône) a tracé, le long de 130 pages, le portrait d’un homme discret, affable, disponible, exigeant, fidèle et efficace, qui a toujours su prendre ses responsabilités en tant qu’élu et que citoyen.
L’écriture de Pierre Dharreville est toujours aussi précise et poétique. L'auteur est un véritable écrivain qui va conserver tout au long des pages, comme un fil rouge, des références à la peinture (on parle bien de portrait plutôt que de biographie) et à Gustave Courbet en particulier. En lisant cet ouvrage, on imagine les silhouettes contrastées de Pierre Dharreville et de Michel Vaxes cheminer le long du cours Landrivon ou du canal. Un remake du « promeneur du champ-de-mars », en version "Sud" en quelque sorte…
Pierre Dharreville a choisi de raconter Michel Vaxes, un homme discret qui fuit la lumière des projecteurs, un choix qu’il justifie en avant-propos: « Voici un homme, un humain dans sa trajectoire, son aventure, son épaisseur. Un citoyen qu’on a vêtu en député du peuple. Voici un homme en son mystère, qu’on a pas cherché à percer, mais plutôt à restituer ». Au fil de pages, le portrait s’affirme, l’homme est attachant, altruiste, profondément honnête. A une époque où les élus se bousculent pour apparaître quelques minutes dans les talk-shows télévisés, Michel Vaxes marque sa différence : « Le discours et les actes, comme une obsession éthique, dans un monde où la parole se déprécie à chaque minute d’antenne »souligne Dharreville.
Démocrate, fraternel, disponible, le député sait prendre de la hauteur face aux évènements dramatiques : « Ne pas raisonner sous le coup de l’émotion. Entendre la souffrance, les questions posées. Mais ne pas faire la loi pour un seul ». Le député-maire connaît la valeur des mots, ses interventions sont marquées au signe de la qualité littéraire et il prend soudain une dimension universelle lorsqu’il clame à l’assemblée « L’Afrique n’est pas victime de sa pauvreté mais de ses richesses » ou qu’il propose la suppression du mot « race »de la législation (en mars 2003).
Son bilan est éloquent impressionnant même lorsque Pierre Dharreville le traduit en chiffres : plus de 1500 interventions, plusieurs centaines de prises de parole à l’assemblée, plus de 150 propositions de loi… Pourtant l’homme reste modeste et disponible. A un moment où certains restent accrochés à leur fauteuil comme les naufragés au radeau de la Méduse, il sait déléguer, et même se retirer lorsqu’il cède son fauteuil de maire à Patricia Fernandez, sa place au Conseil Général à Evelyne Santoru ou la candidature aux Législatives à venir à Gaby Charroux, alors que rien ne l’y obligeait.
Quand on lit ce portrait de Michel Vaxes et qu’on connaît son biographe, on est frappé par la ressemblance entre les deux hommes. Pierre Dharreville qui se définit volontiers comme « citoyen du monde, écrivain, compositeur, militant, fils, père, frère… » possède les mêmes qualités d’écoute, d’exigence, de disponibilité, de fidélité, d’efficacité que son modèle. Dans la postface, Michel Vaxes souligne d’ailleurs leur « identité de vue sur toutes les questions essentielles. Comme la reconnaissance d’une part de soi dans ce que l’on découvre de l’autre ».
Le bilan, les idées, la détermination de Michel Vaxes renforcent sans doute les motifs de l’engagement de l'auteur. On retrouve (un peu, beaucoup?) de Pierre dans le portrait de Michel.
Cette lecture est enthousiasmante et porte des raisons d'espérer. Car les 130 pages de cet ouvrage sont plus qu’une biographie ou qu’un portrait d’un « citoyen vêtu en député », elles constituent un guide des bonnes pratiques en politique. Le troisième opus du conseiller municipal du Rove est à lire et à méditer. Par les simples électeurs que nous sommes, mais aussi par les hommes politiques qui affichent des ambitions pour une année 2012 riche en élections.